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UAGO : tensions sur le campus, l’administration brise le silence et promet la libération imminente des étudiants

Alors que la tension est montée d’un cran au sein de l’Université Adventiste de Goma (UAGO) après les manifestations estudiantines du début de semaine, l’administration a balayé d’un revers de la main les rumeurs qui circulent autour de ce dossier, et assure que des démarches sont en cours pour obtenir la libération rapide des étudiants interpellés.

« L’Université Adventiste de Goma privilégie le dialogue pour son bon fonctionnement. Nous sommes actuellement auprès des autorités provinciales pour que les étudiants arrêtés retrouvent la liberté dans les plus brefs délais », a déclaré l’administration.

Une grève déclenchée avant une rencontre officielle

La crise a éclaté le lundi 9 mars dernier, lorsque des étudiants ont déclenché une grève, alors même qu’un rendez-vous avec le gouverneur du Nord-Kivu était déjà prévu pour le mardi 10 mars, afin d’exposer leurs préoccupations.

Les manifestants ont entamé une marche depuis la mosquée de Katindo jusqu’au campus de l’UAGO. Sur place, la situation a rapidement dégénéré : le portail de l’université a été forcé et endommagé, avant que les services de sécurité n’interviennent pour maîtriser la foule. Au total, plus de trente étudiants ont été interpellés par la police.

L’administration en plaidoyer au gouvernement provincial

Au moment même où cet article est rédigé, les membres du comité de gestion de l’UAGO se trouvent au gouvernement provincial du Nord-Kivu, afin de mener un plaidoyer en faveur des étudiants arrêtés.

« Nous travaillons avec les autorités pour qu’une solution rapide soit trouvée. L’université reste attachée à l’apaisement et au dialogue », a-t-elle affirmée.

Une contestation autour des frais académiques

À l’origine de la tension se trouve une contestation menée par le Porte-parole des étudiants (PP) autour de la structure des frais académiques.

Dans ses démarches, celui-ci soutenait que certains frais devraient être payés uniquement par faculté. Il citait notamment les frais de bibliothèque qui selon lui, devraient concerner certaines filières à l’exception du BTP, ainsi que les frais liés au laboratoire informatique.

Le président des étudiants affirmait également que l’instruction académique fixe les frais d’inscription à 10 dollars, alors que les nouveaux étudiants de l’UAGO ont payé 30 dollars. Selon lui, les 20 dollars supplémentaires devraient être considérés comme des frais académiques.

Face à ces revendications, le comité de gestion avait convoqué le président et son comité à une réunion de mise au point, une rencontre qui s’ajoutait à plus de quatre réunions déjà organisées pour expliquer la structure des frais. Mais celui-ci aurait boycotté la réunion, estimant qu’il était « trop tard ».

Des appels à la perturbation

La tension s’est davantage accentuée lorsque, le jeudi 5 mars, le président des étudiants a publié un communiqué appelant les étudiants à ne pas se présenter aux cours à partir du vendredi 6 mars, affirmant que toute personne qui viendrait étudier serait battue par des brigadiers. Le soir même, l’université a publié à nouveau les détails relatifs aux frais académiques afin d’éclairer la communauté estudiantine.

Le collège des étudiants a ensuite reçu, le vendredi, une invitation officielle du comité de gestion pour une réunion de résolution, prévue le lundi 9 mars. Plusieurs membres du collège étaient présents, mais le président des étudiants ne s’y est pas présenté.

Selon l’administration, ce dernier était plutôt occupé à mobiliser des brigadiers pour provoquer des troubles. Des messages audio circulaient déjà la veille, appelant à brûler des pneus et à créer le désordre sur le campus.

Une situation qui dégénère

Avant même le début de la réunion prévue le lundi, les brigadiers auraient commencé à semer le trouble sur le campus, alors que des agents des services de renseignements étaient déjà présents pour appuyer l’équipe EVSA, qui avait d’ailleurs réussi à calmer une première tension le vendredi.

Lorsque certains perturbateurs ont été interpellés, le président des étudiants aurait tenté de s’opposer aux agents, ce qui a conduit à sa propre interpellation.

C’est alors qu’un groupe de manifestants venus de la mosquée de Katindo est arrivé en scandant des slogans pour exiger sa libération. Les manifestants ont ensuite forcé le portail de l’université avant d’entrer sur le campus.

Des frais inchangés depuis quatre ans

Selon l’administration de l’UAGO, les frais académiques n’ont pas changé depuis quatre ans, contrairement aux informations relayées dans certaines rumeurs.

« Beaucoup de choses ont été dites, mais la réalité est que ces frais n’ont pas été modifiés depuis plusieurs années. Nous restons ouverts au dialogue avec les étudiants », a indiqué l’administration de l’UAGO.

Vers une issue prochaine

Malgré les tensions, l’université se veut rassurante quant à l’issue de cette crise. L’administration rassure que les discussions avec les autorités provinciales pourraient aboutir rapidement à la libération des étudiants arrêtés.

« Nous voulons que la paix et l’esprit académique reprennent sur notre campus. Les démarches entreprises visent à trouver une solution apaisée pour toutes les parties », a conclu l’administration de l’université adventiste de Goma.

Rédaction

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