Alors que la pression ne cesse de s’accroître autour de la réouverture de l’aéroport international de Goma, l’AFC-M23 estime cependant que l’urgence se trouve ailleurs.
Lors d’un point de presse animé ce mercredi à Goma, l’AFC-M23 a dans un premier temps reconnu l’existence de la crise humanitaire, même dans les zones qu’elle administre dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Néanmoins, elle estime que l’urgence dans ces zones demeure la réouverture des banques qui selon l’AFC-M23, leur fermeture penalise les populations et surtout, ceux dont l’argent reste bloqué.
« Nous n’avons pas dit qu’il n’y a pas crise humanitaire dans notre zone », lance madame Fanny Kaj dès l’entame de son speech. « L’urgence, c’est la réouverture des banques. Donc, la confiscation de l’argent de la population. C’est ça la crise que nous vivons », précise-t-elle.
Parlant de l’aéroport international de Goma, le porte-parole de l’AFC-M23, Lawrence Kanyuka a souligné que tout est à réhabilité, avant de penser à une quelconque réouverture.
« L’aéroport ne fonctionne pas », expliquant que tout a été endommagé. « La tour de contrôle a été totalement détruite », rapporte-t-il.
L’AFC-M23 indique que les motivations avancées jusqu’ici par le Gouvernement pour cette réouverture, sont essentiellement politiques. « Les raisons avancées sont purement politiques, rien à avoir avec l’humanitaire », table Lawrence Kanyuka.
Elle laisse cependant une fenêtre ouverte : pour l’AFC-M23, la question de la réouverture de l’aéroport international de Goma ne se discutera que dans le cadre des négociations en cours à Doha, au Qatar.
Guerschom Mohamed