L’annonce d’un accord entre Kinshasa et Washington visant à accueillir des migrants expulsés des États-Unis suscite depuis quelques jours, des réactions au sein de la classe politique et de la société civile.
Entre accusations de perte de souveraineté et critiques sur la gestion des priorités nationales, le gouvernement congolais se retrouve au cœur d’une vive polémique. Un projet qui pour certains, passe mal alors que le pays peine déjà à gérer ses propres déplacés internes en Ituri, au Nord-kivu et sud-Kivu.
S’exprimant à ce sujet, Lumumba Kambere Muyisa, porte-parole du gouverneur du Nord-Kivu sous l’AFC-M23, qualifie cet accord d’une véritable capitulation de la souveraineté nationale.
Dans un message largement partagé sur les réseaux sociaux, il a fustigé ce qu’il qualifie de transformation de la RDC en une poubelle migratoire pour les puissances occidentales. Selon lui, Kinshasa agirait comme un simple « sous-traitant » des intérêts américains, au mépris de la dignité nationale.
Alors que les premiers transferts pourraient débuter d’ici fin avril, la question reste entière : la RDC a-t-elle les moyens, tant sécuritaires que sociaux, d’assumer ce nouveau rôle de « terre d’accueil forcée » pendant que ses propres fils et filles errent dans des camps de fortune à travers le pays et pays voisin ? Wait ans see, disent les anglais.
Amour Imani Christian