Depuis 2021, les services de renseignement alertaient leur hiérarchie sur le dossier des migrants afghans. Les premières notes pointaient le risque que cette main-d’œuvre finisse par profiter à l’Ouganda et au Rwanda. Aujourd’hui, avec l’accord passé à Washington, le sens du flux paraît s’être inversé — ces migrants arrivent désormais en République démocratique du Congo. Mais pour combien de temps ?
Le danger ne se limite pas au nombre. Il tient à la nature même du dispositif. Car ce pays recourt déjà aux services d’Erik Prince et de ses mercenaires. Aux supplétifs privés déjà en place viendraient demain s’ajouter les migrants refoulés d’Occident, versés au même creuset d’une armée-bis dans laquelle l’État se déleste, mois après mois, de ses fonctions régaliennes.
Jusqu’où iront Félix et Jacques Tshisekedi dans cette sous-traitance ? Jusqu’où acceptera-t-on que la défense du territoire — première mission d’un État souverain — soit confiée à des contractuels étrangers, chèrement payés en dollars, pendant qu’on abandonne l’armée congolaise en première ligne ?

Le scandale tient dans les chiffres. Des dizaines de millions de dollars sont engloutis chaque mois dans ces supplétifs venus d’ailleurs. Les mercenaires émargent à près de 10 000 dollars par mois. Les soldats des FARDC, ceux qui tombent sous les balles de l’ennemi, ceux qui dorment dans la boue des tranchées du Nord et du Sud-Kivu et de l’Ituri, touchent 100 dollars par mois. Cent fois moins.
Et lorsque l’un d’eux meurt au front, sa dépouille n’est ni rapatriée, ni nommée, ni rendue à sa famille. Il disparaît sans sépulture, sans honneur, sans numéro. Sa mère n’apprendra son décès que par les silences qui s’installent, de village en village, à mesure que les saisons passent et qu’il ne revient pas.
Voilà ce que coûte vraiment, à chaque Congolais, la sauvegarde des intérêts de la famille et du clan Tshisekedi. Ce prix, c’est le bradage de la souveraineté nationale. On n’achète un régime qu’au prix d’une République cédée à des mercenaires et supplétifs étrangers.
La Rédaction