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Goma : des acteurs du développement et des médias s’engagent pour un traité ambitieux contre la pollution plastique

L’Association d’initiatives pour le changement et le développement endogène (AICED) a organisé ce vendredi 22 mai au Centre d’accueil Bienheureux Bakanja à Goma, au Nord-Kivu, un atelier de renforcement des capacités autour du traité international sur les plastiques et du processus de négociation du Comité intergouvernemental de négociation (CIN).

Dans un contexte où la pollution plastique constitue une menace environnementale et sanitaire grandissante à l’échelle mondiale, mais particulièrement en République démocratique du Congo, des acteurs du développement, des journalistes et des jeunes engagés se sont réunis afin d’échanger sur les conséquences des déchets plastiques, ainsi que sur les enjeux de futures négociations internationales pour un traité mondial ambitieux, et juridiquement contraignant contre les plastiques.

Alerte sur les impacts sanitaires des microplastiques

Ouvrant la série des interventions, le directeur exécutif national de l’AICED, Nyebone Faustin a dressé un bilan alarmant des effets des plastiques sur la santé humaine. Selon lui, loin d’être de simples déchets visibles, les plastiques libèrent des microplastiques et des additifs chimiques toxiques tout au long de leur cycle de vie.

Il a mis en évidence le danger invisible mais mortel des microplastiques et des substances chimiques qui s’infiltrent dans la chaîne alimentaire et de l’eau potable. Citant des données du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), il a rappelé que les plastiques contiennent plus de 13 000 substances chimiques, dont plus de 3 200 sont reconnues comme dangereuses pour la santé humaine.

Face à cette situation, l’AICED a souligné que la pollution plastique constitue à la fois un problème moral et une question de responsabilité collective. L’organisation estime qu’il est nécessaire d’agir directement à la source tout en renforçant la sensibilisation à travers les médias, considérés comme un rempart essentiel pour susciter une prise de conscience collective.

Le traité mondial sur les plastiques et les enjeux du CIN décryptés

Intervenant à son tour, le sociologue environnementaliste Emmanuel Ndimwiza a plongé les participants dans les coulisses de la diplomatie environnementale en présentant l’historique et les dynamiques du traité mondial sur les plastiques, initié par une résolution de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement en 2022.

Selon lui, ce traité vise à mettre fin à la pollution plastique d’ici 2040. Toutefois, il a également relevé l’existence de divergences importantes entre les pays producteurs et consommateurs de plastiques quant aux mécanismes à adopter pour atteindre cet objectif.

Pour conclure son intervention, Emmanuel Ndimwiza a insisté sur la nécessité de réduire progressivement la dépendance aux industries pétrochimiques, qu’il considère comme une étape majeure dans la lutte contre la pollution plastique.

Une déclaration commune adoptée par les participants

La scéance s’est clôturée par la lecture, l’amendement et l’adoption solennelle d’une déclaration commune par l’ensemble des participants.

Cette déclaration formule plusieurs recommandations et exigences destinées à Jean-Marie Bope, point focal du Comité intergouvernemental de négociation (CIN) en République démocratique du Congo, afin qu’elles soient portées lors de prochaines sessions de négociations internationales.

Les participants ont ainsi exprimé leur volonté de voir émerger un traité mondial ambitieux, capable de répondre efficacement aux défis environnementaux et sanitaires liés à la pollution plastique dans le monde et en République démocratique du Congo.

Rappelons que selon plusieurs projections scientifiques, si aucune mesure concrète n’est prise, la production mondiale de plastique pourrait tripler d’ici 2060. À travers cette initiative, l’AICED espère contribuer à la construction d’une coalition forte capable de défendre les intérêts des communautés face aux conséquences de la pollution plastique, aussi bien en RDC qu’à l’échelle mondiale.

Jubril Kasuku, reporter occasionnel

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