Dans son nouveau rapport intitulé : « État de siège : plus de morts, plus d’insécurité, plus d’instabilité » paru ce mercredi 20 mai à Goma, au Nord-Kivu, le Consortium international pour les droits humains au Congo (CIDHC) met en avant-plan l’incapacité de l’état de siège de faire face au défi sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Cinq ans après, l’état de siège peine à justifier son maintien dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri et ce, malgré des appels à sa levée ou à sa requalification par tant les acteurs politiques, que les structures citoyennes de deux provinces.
Faisant le décompte, le CIDHC rapporte que durant ce premier quinquennat, la région de Beni et Lubero, au Nord-Kivu et l’Ituri ont empoché des cimetières supplementaires, des villages incendiés, et plus grave encore, des femmes violées, des enfants décapités et des familles entières effacées de la surface de la terre.
Dans la suite de ce bilan sombre, les ADF poursuivent leur entreprise criminelle, des routes subissent des embuscades meurtrières, des civils continuent d’être kidnappés, des femmes enceintes éventrées, et des enfants enrôlés de force dans des groupes armés.
En parlant des ADF, même les opérations militaires conjointes FARDC-UPDF peinent à répondre aux attentes : les offensives militaires, les opérations de traque, de neutralisations et des victoires stratégiques tant vantées tardent à donner des résultats palpables pour les populations civiles.
Les habitants, eux, sont encore confrontés à des pillages de leurs récoltes, des voyageurs se voient massacrés, des femmes et des enfants subissent des violences alors que d’autres civils sont enlevés, instaurant davantage un climat de terreur dans plusieurs territoires.
Le CIDHC dénonce alors d’un côté l’écart une mobilisation générale face à la menace que fait peser la rébellion de l’AFC-M23 et le dévouement sur la question des ADF, et de l’autre, des réseaux mafieux qui profitent économiquement du chaos qu’engendrent les terroristes ADF.
« Tant que ces réseaux ne seront pas démantelés, la paix restera un slogan politique vide », table l’organisation.
Le Consortium international pour les droits humains au Congo avertit qu’aucune paix ne sera pas possible sans la vérité, rappelant aux dirigeants que les populations du Nord-Kivu que de l’Ituri ne demandent que le droit de vivre.
La Rédaction