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Processus de paix en RDC : L’AFC/M23 accuse Kinshasa de « provocations meurtrières »

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi à Goma, le coordinateur adjoint de l’Alliance du Fleuve Congo/M23 (AFC/M23), Bertrand Bisimwa a exprimé la position de son mouvement face à la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans son intervention, Bertrand Bisimwa a accusé le régime de Kinshasa de mener une campagne militaire agressive contre les positions de l’AFC/M23, et contre les zones habitées par les civils. Selon lui, depuis trois jours, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les milices Wazalendo mènent des attaques répétées qui auraient pour objectif la prise de Walungu, un axe jugé sensible dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.

Ces attaques, a-t-il souligné, ont déjà causé plusieurs pertes humaines et des dégâts matériels importants. L’AFC/M23 parle de « provocations meurtrières » qui violent non seulement le cessez-le-feu en vigueur, mais également l’esprit de la Déclaration des principes signée le 19 juillet dernier à Doha, au Qatar.

Face à cette escalade, Bertrand Bisimwa a lancé une mise en garde claire au gouvernement congolais. Il a averti que si ces agressions continuaient malgré l’engagement de l’AFC/M23 en faveur du processus de paix, chaque nouvelle attaque recevra une réponse appropriée.

« Nous ne pourrons pas supporter indéfiniment ces actes belliqueux et provocateurs. Toute attaque sera suivie d’une réaction susceptible de neutraliser définitivement la menace, afin de protéger les populations civiles », a-t-il déclaré.

L’AFC/M23 affirme que les attaques ne sont pas isolées, mais relèvent d’une stratégie coordonnée. Il a détaillé une série d’événements récents pour appuyer ses propos. Entre le 16 et le 17 juillet, des forces burundaises auraient été déployées à Luvungi et Rubarika. Du 17 au 18 juillet, des redéploiements massifs ont été signalés à Mumazi, Kirumba, Masango, Binege et Gifuni, zones considérées comme densément peuplées.

Le 18 juillet, l’AFC/M23 affirme que des opérations de destruction systématique ont été menées à Gahwera, avec notamment le pillage de plus de 150 têtes de bétail et de graves blessures infligées à un berger nommé Kazehe Kabuteni. Le mouvement rapporte également un déploiement des forces alliées à Swima, Mboko, Kabumbe et Mukwezi, indiquant une stratégie d’encerclement ciblant les villages banyamulenge dans la région de Bijabo et Minembwe.

Toujours selon sa déclaration, le 21 juillet a été marqué par des attaques simultanées à Kahororo, Ndegu et Buzukye dans les hauts plateaux de Minembwe, poursuivant ainsi une logique d’affrontements à large échelle dans les zones majoritairement civiles.

Malgré cette situation alarmante, l’AFC/M23 dit rester fermement engagé dans le processus de paix en cours, conduit par l’État du Qatar avec le soutien des États-Unis. « La solution à cette crise ne peut être que politique et non militaire. Nous restons déterminés à restaurer la dignité de notre pays », a insisté Bertrand Bisimwa.

Le coordinateur adjoint a catégoriquement rejeté les récentes accusations portées par les Nations Unies, qui impliqueraient le mouvement dans la tuerie de plus de 300 personnes dans la province du Nord-Kivu. Selon lui, ces allégations sont « infondées », et participent à une campagne de diabolisation.

Faca à cette situation, l’avenir du processus de Doha semble plus incertain que jamais, au regard des échanges de plus en plus virulents entre les protagonistes du conflit.

La Rédaction

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