L’État de siège, cette mesure exceptionnelle instaurée depuis près de cinq ans dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, est de nouveau sous le feu de projecteur, en raison de son incapacité à mettre fin à la crise sécuritaire dans ces deux provinces meurtries de l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans un rapport d’enquête humanitaire du consortium Convention pour le respect des droits humains (CRDH), Action pour les droits humains (APDH), Diaspora plurielle congolaise (DPC), Collectif Gakondo USA et Isoko Diaspora, menée entre le 09 décembre 2024 et le 26 janvier 2026, publié ce mardi à Goma, au Nord-Kivu, l’état de siège est qualifié d’un « échec » dans la protection des civils, qui n’ont cessé d’être massacrés dans la province de l’Ituri.
« Les massacres ont continué, parfois même à proximité directe des forces censées protéger la population », a déploré Maître Jean-Paul Ngahangondi, coordonnateur de la CRDH, lors d’une conférence de presse.
À en croire ce rapport, l’État de siège n’a servi que de suspendre les mécanismes civils de contrôle ; à affaiblir la justice ; de concenter le pouvoir sans redevabilité ; et de contribuer à un climat d’impunité structurelle.

Forcalisé sur l’Ituri, ce rapport d’enquête humanitaire revient sur plus de 230 victimes civiles, qui ont été identifiées nominativement dont des femmes, des enfants et des personnes âgées ; des attaques systématiques contre les sites de déplacés ; enterrements de personnes encore vivantes, exécutions publiques, corps brûlés, enfants assassinés délibérément ; et un ciblage ethnique recurrent, visant principalement la communauté Hema, et toute personne perçue comme solidaire ou neutre.
Le Rapport attribue la responsabilité de ces massacres tant aux groupes armés dont la CODECO, le FPIC, Zaïre/CRP et les ADF ; à l’État congolais pour son incapacité à gérer la situation et surtout à la communauté internationale, silencieuse, inactive et ses mécanismes de protection des civils qui restent, selon le rapport, inefficaces.
Le consortium appelle le Gouvernement congolais, les Nations Unies, la Cour pénale internationale et la communauté internationale à assumer chacun ses responsabilités pour mettre fin à ces massacres, et que les coupables répondent de leurs actes.
La Rédaction