Les récentes incursions des terroristes ADF dans le territoire de Mambasa, en Ituri, ont causé plus de dégâts en termes de pertes humaines que matérielles, jusqu’à remettre en question non seulement les opérations « Shujaa », mais plus encore l’existance de l’État lui-même.
Dans son nouveau rapport d’enquête « Massacres et crimes adieux sous l’oeil impuissant des autorités congolaises », le Consortium international pour les droits de l’homme au Congo (CIDHC) évoque des hommes, des femmes, des enfants qui ont été massacrés, décapités, enlevés voire brûlés vifs.
Parmi les entités touchées par ces massacres, le rapport parle de Mutchatcha, Babesa, Makoko, Muchanga et Bafwakoa, où des familles entières ont été exterminées, des villages rayés de la carte, des enfants arrachés à leurs parents et des femmes plongées dans la détresse.
« Dans moins de trois semaines, nous avons identifié plus de 200 civils massacrés », a laissé entendre Maître Jean-Paul Ngahangondi, co-président du CIDHC, regrettant l’impuissance, l’incapacité des autorités face à la barbarie des ADF.
À ces personnes tuées, le CIDHC évoque également plus de 300 personnes enlevées, de centaines d’habitations incendiées et des milliers de personnes déplacées, qui sont abandonnées sans aucune assistance.
Le rapport fustige que ces massacres soient perpetrés dans une zone où se trouvent toutes les unités des Forces armées de la République démocratique du Congo et à cela, les opérations militaires conjointes FARDC-UPDF et l’État de siège en vigueur en Ituri. « Que fait Luboya ? », s’est interrogé Jean-Paul Ngahangondi.
Ce document dénonce alors une violence organisée, une terreur systématique et une stratégie de destruction, laissant toute une population livrée à la mort. « Les populations de Mambasa sont aujourd’hui laissées à elles-mêmes », peut-on lire en luminaire.
Craignant l’avènement des zones qui pourraient basculer dans le non-droit, le Consortium appelle le Gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités, à protéger les populations, à restaurer l’autorité de l’État, à défaut de quoi, il est invité à présenter sa démission.
Le CIDHC incite le Parlement congolais à jouer son rôle de contrôle et à exiger des comptes auprès de dirigeants et surtout, de se libérer de l’emprise du pouvoir exécutif afin que la vérité apparaisse au grand jour.
La Rédaction